« T’es pas tanné de voir des shows ? »

Il y a des week-ends qui commencent plus tôt que d’autres.

Loin de l’écran…

Où dès le jeudi je me retrouve dans une salle et ce, chaque jour jusqu’au dimanche.
Entre septembre et mai, ces fins de semaine que je considère parfaites se produisent à quelques occasions. Je ne compte pas vraiment.

Jeudi, c’était KING MELROSE. Dans ce cinq à sept si important. Si agréable. Les JEUDIS SHOWS au Cabaret-Théâtre du Vieux-Saint-Jean.

Vendredi, le CABARET JAZZ-BAND. Un concept mené de main de maître par Pierre-Armand Tremblay à la direction artistique. Depuis quatre ans, je découvre le jazz grâce à la passion et le talent de cet homme et ses musiciens invités.

Samedi, du théâtre. Rangée i, Siège 2, physiquement et réellement, au Théâtre des Deux Rives pour ADIEU JE RESTE.
Le théâtre fait partie de ma vie depuis une dizaine d’années. Non, je ne compte pas. Des humains sur une scène qui racontent une histoire en chair et en os à d’autres humains assis dans une salle. Un genre de cinéma 3D avant son temps et sans lunettes moches.

Dimanche, c’est en après-midi que je ferai la rencontre de I MUSICI et de CHARLES RICHARD-HAMELIN pour me laisser bercer autrement. Les arts de la scène au sens large. Dans une optique de découverte. De voyage intérieur.
Un week-end parfait qui attire parfois des questions étonnantes de la part de gens que je croise.

« T’es pas tanné de voir des shows? »

Je fronce un peu les sourcils. Pas certain d’avoir bien compris la question. Pas certain du sérieux de la chose. Pourtant ça l’est. Semble-t-il.

Quand mon cerveau est un brin dégourdi par un café et que mon sens de la répartie veut bien faire son travail j’aime bien répondre : « Et vous, monsieur (je suis poli), êtes-vous tanné de regarder la télé ? »

Ce n’est pas une joute. Ce n’est pas un contre l’autre. Mais comment pourrais-je être tanné? Malgré le nombre de spectacles au compteur (je ne sais pas combien, je ne compte pas…) je suis chaque fois aussi fébrile. Toujours hâte à la levée de rideau. Comme si c’était la première fois. Malgré la quantité, j’ai au moins un souvenir pour chacun de ces spectacles. Quelque chose est resté imprégné. Dans tous les cas. Même quand c’était mauvais.

Les arts de la scène remplissent. Font réfléchir.

Il n’y a pas de publicité. La véritable liberté de penser, de réfléchir, c’est peut-être là. Dans l’univers des artistes… Sur une scène.

Tanné de la beauté? De voir des hommes et des femmes discuter avant la représentation. Rencontrer des gens qu’ils n’ont pas vu depuis quelques lunes. Se faire la bise. Se serrer la main. « I see friends shaking hands saying how do you do / But they’re really saying I love you. »

J’enfile ma tuque. Mes bottes et mes mitaines. Avant d’éteindre la lumière je regarde mon vieil écran cathodique dans le coin du salon. Je souris. Il date d’une époque où on fabriquait du durable. Si ça se trouve, il me survivra.

Je le délaisse encore, pour aller écouter et entendre battre d’autres coeurs…

François Marchesseault 27 février 2016