09 PM | 21 Juin

Francofolies 2016 : Retour sur le marathon de la chanson…

Une autre édition des Francofolies de Montréal qu’il faut laisser derrière. Des images, des souvenirs musicaux. Beaucoup. Peut-être jamais autant. Quarante-cinq prestations (complètes ou partielles). Sorte de marathon musical.

Une partie de l’amour que je porte aujourd’hui à la chanson a commencé dans les rues de Montréal lors de ce festival. Quand on décide d’y aller, de prendre le temps, d’être curieux et d’écouter, on s’accroche les pieds. Ça devient addictif. Et on y retourne… Par amour.

Survol de cette incroyable 28e édition :

La soirée « coeur en guimauve »…

Le triomphe de Saratoga, au Théâtre Maisonneuve, en première partie des Soeurs Boulay. Le sympathique et talentueux duo, formé de Chantal Archambault et Michel-Olivier Gasse, aura touché les milliers de spectateurs présents avec leurs chansons douces, leur charisme et leur humour. Le coeur ramolli, Stéphanie et Mélanie n’auront eu par la suite, qu’à nous achever.

soeursboulay

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Là où je me suis dit : “plus souvent chez nous svp”…

On a découvert NACH (Anna Chedid) l’an passé à ces mêmes Francofolies. La retrouver cette année a été un grand bonheur. Un plaisir évident à se retrouver sur scène. Cette fille est lumineuse. Son talent est immense. On aimerait pouvoir la voir et l’écouter pendant plus de 90 minutes. À quand une tournée en sol québécois ?

NACH

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C’est bon, mais y me semble que c’est long…

Il faut saluer l’audace de Laurent Saulnier et de son équipe de programmer une soirée hip-hop pour lancer les festivités. Loud Lary Ajust, Dead Obies, Alaclair Ensemble et Brown ont comblé les spectateurs et fait, comme dans mon cas, de nouveaux adeptes. Mais, depuis quelques années, je tente de comprendre ces “évènements” d’ouverture. Il me semble qu’il serait plus judicieux d’organiser un grand spectacle d’à peu près trois heures où les artistes se mêleraient les uns aux autres sur scène, au-lieu d’avoir quatre spectacles distincts, séparés par quinze à vingt minutes d’attente. Ce qui donne une soirée de plus de quatre heures, assis, ou pire, debout au même endroit… Comme dirait l’autre : “Ça tire dans le cou”.

Francos 2016 soirée d'ouverture

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L’instant où j’ai pleuré…

Heureux d’écouter et de voir sur scène pour la première fois Alain Souchon et son complice Laurent Voulzy. Un des grands spectacles de ces Franco.  Quand Souchon a entamé sa pièce “Si en plus y’a personne”, j’écoutais, et ses mots m’ont chaviré…

Et si le ciel était vide / Si toutes les balles traçantes / Toutes les armes de poing / Toutes les femmes ignorantes / Ces enfants orphelins / Si ces vies qui chavirent / Ces yeux mouillés / Ce n’était que le vieux plaisir / De zigouiller…”

C’était au lendemain de la barbarie d’Orlando. Où l’humanité a encore rencontré sa laideur et reculé de quelques siècles en l’espace de quelques minutes. J’ai fermé les yeux. Et j’ai pleuré.

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Le moment « respire par le nez »…

Quelle idée complètement ridicule et absurde qu’a eu l’un des commanditaires principaux des Francos (que je ne nommerai pas… juste à voir, on voit bien) d’organiser son cocktail, sous l’chapiteau, pendant le tour de chant d’Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant. Un tiers de l’endroit était réservé à des gens qui parlaient fort et n’avaient, pour la plupart, aucun intérêt pour les douces mélodies et les chansons tendres d’Isabelle et Pierre-Luc. Résultat : Frustration et grogne chez les spectateurs et festivaliers. Pierre-Luc Brillant, de toute évidence irrité, a lancé quelques flèches qui n’ont pas touché la cible, mais qui ont, au moins, réussi à faire rire ceux qui étaient là pour écouter. Le duo s’est néanmoins fort bien débrouillé. À revoir, dans un endroit calme… Namasté.

Isabelle Blais & Pierre-Luc Brillant

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Le premier coup de foudre…

J’avais écouté le groupe louisianais Sweet Crude et je me disais que, sur scène, ça devait être pas si mal. Hé bien ces jeunes là sont extraordinaires. Un groupe orchestre où les percussions sont mises de l’avant pour nous faire bouger. Un instant trop bref. Leur désir de faire revivre le français par la musique est admirable. Pincement au coeur quand ils racontent que leurs grands-parents parlaient encore notre langue, mais qu’une génération plus tard leurs parents, eux, déjà ne la parlaient plus… Ça porte à réflexion. Et ça donne le goût de prendre la route et d’aller faire un tour en Nouvelle-Orléans pour les retrouver.

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Et le deuxième…

L’artiste française Luciole. Coup de foudre incroyable sous le chapiteau le lundi, il m’était impossible de ne pas retourner la voir une deuxième fois le lendemain. Cette jeune femme a un charisme extraordinaire. Son amour de la scène est contagieux. Sa manière de bouger, d’interpréter. Elle chante et vit ses chansons avec intensité. À fleur de peau, je l’ai vu verser une larme en interprétant sa douce pièce DU VENT le lundi et encore le mardi juste avant de quitter la scène. Je traverserais l’océan pour la revoir…

Luciole

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La tête haute…

Je ne répèterai jamais assez combien le projet LÉGENDES D’UN PEUPLE d’Alexandre Belliard est important. Le voir et l’entendre , sur la Place des Festivals, chanter ces personnages marquants de notre histoire qu’il a mis en chansons est un moment fort de ces Francofolies. Un sentiment de fierté m’a envahi durant ce tour de chant. Encore une fois, Alexandre m’a donné le goût de relever la tête. De me tenir droit. Et de plonger dans notre histoire pour mieux bâtir l’avenir.

Alexandre Belliard

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Et puis aussi…

Philippe Brach, je ne compte plus les shows. C’te gars là est tellement talentueux que j’en suis presque jaloux. C’était beau de voir la foule nombreuse chanter ses mots qui résonnaient aussi sur le réseau NRJ… “Au réseau TVA y’ont dit que c’t’une hostie de belle journée.” Sourire.

Laurence Nerbonne. Fallait quitter Louis-Jean Cormier si on voulait voir la totalité de la prestation de la révélation Radio-Canada 2016-2017 en chanson. Tantinet naïf, j’ai cru que nous serions peu nombreux. Peut-être la foule la plus nombreuse de la semaine à cet endroit. Personne n’a semblé déçu d’y être. Un moment de pop intelligente et dansante. À revoir sans faute sur la route, la saison prochaine.

DUMAS. Peut-être le meilleur spectacle des Francos, par notre plus grande bête de scène. Après le spectacle, je me disais que rien ne dépasse de son oeuvre. Il a un sens inné du spectacle et pour les mélodies. Résultat : Impossible de ne pas bouger les hanches. Du grand bonheur.

Et je pourrais aussi vous parler du phénomène MHD, de Moran, de Jason Bajada ou encore de Joëlle Saint-Pierre. Peut-être la plus belle édition des Francos depuis que je visite l’événement.

Chose certaine, les Francofolies, c’est sans doute la meilleure façon d’aimer la chanson francophone.

Prendre conscience de sa beauté et de sa richesse.

De lui faire une place.

La laisser entrer pendant toute une semaine.

Pour ensuite l’aimer, à l’année.

Et à jamais.

Par François Marchesseault