COCO MÉLIÈS – De l’espoir en chansons

(Article paru dans le magazine gratuit L’Entracte! de septembre 2016)

À l’écoute de Lighthouse, premier album de la formation Coco Méliès paru en 2014, une chose est frappante : Le duo formé de Francesca Como et David Méliès ne fait pas de la musique dans le seul but de faire du bruit. Quelque chose d’inspirant se dégage de leurs mélodies. Quelque chose qui remplit l’humain qui veut bien prendre le temps d’écouter. Peut-être de l’espoir en chansons.

Au bout du fil, la moitié masculine de Coco Méliès, David, est flatté, mais cherche à tempérer. “Est-ce que le mot espoir est vraiment important? C’est quand même un peu thérapeutique faire des chansons. On dit souvent des trucs que l’on n’aurait pas dit, ou qu’on voudrait dire, mais qu’on n’arrive pas à formuler.  On peut prendre le temps que l’on veut pour écrire une chanson, pour arriver à le dire…”.

Les mots. L’autre aspect énigmatique et frissonnant de Coco Méliès se trouve justement dans le langage. Bien qu’ils écrivent et chantent dans la langue de Shakespeare, nul besoin de comprendre l’anglais pour saisir l’émotion des pièces. L’universalité de la musique s’en charge.

Leur but premier n’est pas de créer des chansons qui ont la prétention de porter le spectateur à se poser de grandes questions existentielles, ou même se remettre en question. Bien que les deux artistes créent à l’instinct, avec émotion, il y a tout de même une part de réflexion derrière chaque pièce. Donc, qu’une personne soit non seulement touchée à l’écoute de leur musique, mais puisse même entamer une remise en question est un cadeau inestimable pour le créateur.

Le côté berçant, enveloppant de leur musique, celui qui semble installer de la beauté dans le coeur de l’humain, vient peut-être aussi du côté mélancolique de leur folk pop. Une mélancolie qui semble presque toujours finir sur une note lumineuse. Comme sur la sublime Half of the moon. “Je préfère une mélancolie avec une fin peut-être un peu plus ouverte.  Puis la lumière, c’est un peu la raison pour laquelle on a choisi le titre de l’album Lighthouse.”

David et Francesca sont des fans d’Elliott Smith et aiment bien la lourdeur que celui-ci installait dans ses chansons. Donc, pas étonnant de retrouver des moments plus lourds dans certaines pièces. Mais contrairement à Smith, pour David Méliès, il est important de garder une certaine lueur dans les pièces, mais aussi dans les shows.

La formation, qui a vu le jour en 2011, présente deux versions de son spectacle. Une en duo et une autre accompagnée d’un bassiste et d’un batteur. C’est cette dernière, plus rock, qu’ils présenteront dans le cadre des Jeudis Shows Hydro-Québec. Spectacle en partie bâti autour des pièces de leur premier album, mais où ils testent également de toutes nouvelles qui se retrouveront sur le second à paraître en début d’année 2017.

Alors que Lighthouse avait été réalisé par Robbie Kuster (batteur, entre autre, pour Patrick Watson et Amylie), ils ont confié les commandes du deuxième à un certain Daniel Bélanger. Un artiste influent dans le cheminement artistique de David Méliès. Comme, sans doute, pour beaucoup d’autres artistes de sa génération. “Bélanger c’est un peu une des raisons pourquoi je fais de la musique aujourd’hui.”

Le spectacle sera donc l’occasion d’entendre, avant tout le monde, ce nouveau matériel ou encore d’établir un tout premier contact avec la jeune formation aux sublimes harmonies vocales et aux magnifiques envolées musicales qui font basculer une chanson de l’ombre à la lumière.

David mentionne au passage qu’ils aiment bien quand les spectateurs quittent une salle avec le sourire. Les sourires risquent d’être nombreux. Autant que les frissons.

COCO MÉLIÈS, jeudi 13 octobre 2016 à 18h, Cabaret-Théâtre du Vieux-Saint-Jean

Par François Marchesseault

Coco Méliès / Article