SARATOGA / Amour asphalte

(Article paru dans le magazine gratuit L’Entracte ! de novembre 2016)

Chantal Archambault et Michel-Olivier Gasse parcourent des milliers de kilomètres depuis un peu plus d’un an avec une formule duo toute simple. Ils débarquent dans les salles, déballent guitare et contrebasse comme des copains le feraient chez nous pour une soirée. S’installent, chantent autour d’un seul micro, nous bercent de leur voix en parfaite harmonie et de leurs chansons brodées de délicatesse. Une fois touché par Saratoga, quelque chose se produit. On cherche presque unanimement à les revoir.

Que se passe-t-il dans le coeur du spectateur pour ainsi vouloir les retrouver ? Chantal Archambault cherche humblement la réponse : “J’imagine que c’est parce que l’on est proche des gens. Le concept c’est plus une rencontre. On aime ça aller voir le monde et peut-être que c’est ça qui nous revient” Une forme d’échange entre eux et le public. Pas de quatrième mur. De la spontanéité qui fait que les deux musiciens eux-mêmes ne savent pas toujours comment ça va virer.

On y retourne peut-être aussi pour retrouver un espace où se déploie la douceur de l’humanité, chose rare aujourd’hui. Recevoir une dose infinie de bonté et d’amour. Chantal ajoute : “Pour vrai, c’est un peu notre mission. En fait, on avait envie d’un spectacle qui était cohérent avec qui l’on est et avec ce qu’on avait envie de partager. Un show qui est touchant, réconfortant et qui fait du bien.”

Amoureux dans la vie, autant que sur la scène, il y a une complicité évidente entre Chantal et Michel-Olivier, ainsi qu’une admiration mutuelle si belle à voir. C’est là, dans leurs yeux. Impossible à feindre.

C’est sur la route, alors qu’ils écoutaient les Everly Brothers, que l’idée d’un duo minimaliste leur est venue. Voyager léger pour partir déposer des chansons, même dans des salons. Comme on le faisait à une autre époque. En toute simplicité. Retourner aux racines de la musique. Ils avaient des chansons. Suffisait de partir et de faire ce qu’ils aiment. L’influence du légendaire duo américain s’avéra bénéfique.

Lors de la 29e édition de la Bourse Rideau, Saratoga remporta quatre récompenses, en plus de rafler le prix du EP folk de l’année au GAMIQ pour leur mini-album éponyme paru en juin 2015.

Le 1er décembre prochain, le duo déposera ses instruments pour la première fois sur les planches du Cabaret-Théâtre du Vieux-Saint-Jean. Spectacle différent de ce qu’ils ont présenté depuis un an, car construit en partie autour des pièces de Fleur, leur premier album complet (parution 14 octobre 2016).  Les spectateurs qui auront déjà vu le duo en concert ne seront pas déstabilisés pour autant. Les chansons de Fleur, mélancoliques et touchantes se mêleront à merveille au répertoire existant. Guillaume Bourque, réalisateur de ce nouvel album, a voulu ajouter des textures nouvelles au son de Saratoga,  teintant certaines pièces d’instruments à vent (clarinette, hautbois et cor anglais). Pour le moment, pas question d’ajouter des musiciens à la tournée, sauf pour de rares occasions. C’est encore à deux qu’ils présenteront les spectacles.

Le couple reprend la route pour livrer de nouvelles chansons. Rejoindre et enrichir les gens de leurs histoires et tisser des liens. Au coeur de la conversation, Chantal lance peut-être ce qui décrit le mieux ce qu’ils apportent dans leurs bagages et laissent dans les villes et villages qu’ils visitent : “Je pense que l’on est vraiment là socialement. On a besoin de retourner à l’essentiel. De retourner à ce qui est tangible et ce qui nous rend meilleurs et qui nous fait le plus de bien, c’est à dire les relations. J’ai l’impression que c’est toute une histoire d’amour cette affaire là…”

Saratoga

 

 

 

 

Par François Marchesseault