CORDÂME : la musique mystique d’Erik Satie

Texte publié dans le magazine gratuit L’Entracte de mars 2017

Il y a des musiques qui inspirent, portent à la création, au recueillement. À l’écoute de l’album Satie Variations de la formation Cordâme, difficile de ne pas replonger dans un roman inachevé ou reprendre un projet créatif et le mener à terme.

En 2016, pour fêter le 150e anniversaire de naissance d’Erik Satie, Jean Félix Mailloux, contrebassiste, compositeur et arrangeur, a revisité son œuvre. Avec son sextuor, il a donné de la longueur et de la profondeur à des compositions parfois très courtes en y accolant une riche orchestration jazz (contrebasse, violon, violoncelle, harpe, piano et percussions). Pas le plus connu des compositeurs de son époque (Satie est né à Honfleur en mai 1866 et est décédé en juillet 1925 à Paris), il est presque impossible de ne jamais avoir entendu une version au piano de sa Gymnopédie #1.

Adolescent, Jean Félix fréquentait une école secondaire à concentration musique. Puis un jour, l’œuvre de Satie lui a été présentée dans un cours de littérature musicale : « Je ne me souviens pas de tout ce cours-là, mais celui sur Erik Satie m’avait vraiment marqué. Les titres de ses pièces, le côté quasi mystique de ses compositions… » raconte Jean Félix Mailloux.

Mystique, peut-être un peu mystérieux aussi. Des pièces qui portent à la méditation, la contemplation de notre monde et de ses beautés.

Le compositeur a donc eu une influence majeure sur le parcours musical du contrebassiste. De revisiter son œuvre et de s’en inspirer pour créer Satie Variations fut un travail stimulant et inspirant. « J’ai pris beaucoup de plaisir à faire ça, puis la musique est venue assez naturellement et assez rapidement aussi. Ça m’a quand même pris quelques mois puisqu’il y a tout de même un total de dix-huit pièces sur l’album. C’était beaucoup de travail, mais j’ai été extrêmement motivé tout au long »

Sur scène, les six musiciens de Cordâme improvisent sur les compositions de Satie, mais également celles de Jean Félix qui se retrouvent sur les quatre autres albums de la formation.

« Le calibre de musiciens qui forment l’ensemble en ce moment est immense. Guillaume Martineau (piano) et Marie Neige Lavigne (violon), entre autres, sont des improvisateurs vraiment expérimentés. Parfois, Guillaume y va d’un solo très calme ou introspectif, puis une autre fois ça peut complètement exploser! »

Si l’écoute de l’album peut porter à la création, que peut apporter de voir et d’entendre Satie Variations sur scène?

« Les gens disent souvent qu’ils se sentent transportés ou voient des images. C’est une musique qui fait aussi se sentir bien, je pense. Puis les compositions que nous faisons sont des pièces tout de même assez joyeuses. »

Jean Félix est conscient que les gens sont parfois moins portés vers la musique instrumentale que vers la chanson. Pourtant, dans tous les cas, il ne faut pas avoir peur de la découverte. Accrocher à notre esprit des mélodies nouvelles pour se donner un élan vers demain ou simplement vers l’autre.

Jean Félix y va d’une réflexion tout aussi inspirante que ses musiques : « Avec tout ce qui est possible de voir aujourd’hui à partir de son ordinateur, je trouve ça toujours touchant de voir qu’il y a des gens qui se déplacent et qui vivent une expérience ensemble, celle d’écouter de la musique… une sortie où les gens vont voir un spectacle pour partager un moment, c’est ça aussi que je trouve touchant… l’espèce de communion des gens entre eux et des gens avec nous. C’est quelque chose qui me motive beaucoup à continuer à faire de la scène. »

Les spectacles peuvent nous motiver à continuer notre chemin. C’est donnant-donnant…

Cordâme, en spectacle au Cabaret-Théâtre du Vieux-Saint-Jean le 9 mars 2017 à 18h et en direct sur le web en cliquant ici.

Pour toutes les autres dates, visitez le site web de Cordâme.

Par François Marchesseault