De Daniel Bélanger à Monsieur Raph : ces chroniques que je n’ai pas faites

La quatrième saison de la chronique Rangée i Siège 2 s’est terminée dimanche dernier. Une vingtaine de fois (à peu près) j’ai eu le privilège de me rendre au microphone de Monique Giroux durant l’année pour parler d’un spectacle coup d’coeur. Un privilège, croyez-moi. Ne le dites pas à Monique, mais je me pince encore chaque fois sous la table pour bien me convaincre que j’suis là. Ce rôle, je le prends au sérieux. Je le remplis avec passion, dévouement et rigueur. De toute manière, je ne crois pas que j’y serais encore si je ne tentais pas continuellement de m’améliorer.

Je tente de promouvoir la chanson, comme le fait Monique depuis 30 ans. D’en parler avec amour. Un ami à l’écoute m’a déjà demandé si j’allais finir par ne pas aimer quelque chose un moment donné. Oui, mais pas en onde. Ceux qui me côtoient le savent, dans l’intimité je suis très critique et parfois très grincheux. Mais la chanson n’a pas besoin de mes coups de gueule. Je serais prêt à être plus critique et acerbe sur un sujet plus large, si l’on me le demandait. À l’occasion, exemple, d’une table ronde de l’impact sur notre culture des émissions/concours de corde vocale, ou encore sur la saga sans fin de Star Wars (ne me partez là-dessus). Mais ma chronique spectacle est là pour faire le lien entre les artisans de la chanson, leur spectacle, les lieux de diffusion et vous, public encore à convaincre qu’un spectacle musical peut faire grandir et évoluer autant qu’un voyage. Surtout dans un tout inclus.

Et pour arriver à ces 20 chroniques je vois des shows, beaucoup de shows. Des spectacles complets, des vitrines et des lancements. Entre les Francos en juin dernier et aujourd’hui, j’en ai compté au moins 150. En complément de ma saison de chroniques, voici d’autres artistes qui m’ont fait grandir…

DANIEL BÉLANGER – PALOMA

Le dernier album du grand Bélanger n’est pas son meilleur en carrière, mais sur scène, Dan est au sommet de son art. J’ai vu ce spectacle à deux reprises et j’aurais pu répéter cette dose de bonheur 1000 fois. Comment arrive-t-il à réinventer une chanson comme La folie en quatre au point de me faire pleurer, alors que ça ne m’était jamais arrivé avant? Si vous souhaitez faire de la chanson et du même coup de la scène, allez apprendre de Bélanger. Ça presse. Il sera justement aux Francos le mardi 12 juin et tout à fait gratuitement.

 


CHLOÉ LACAN – MÉNAGE À TROIS

Cette artiste française est peu connue chez nous… et probablement chez elle. Devant un public composé presque uniquement de curieux au Cabaret-Théâtre du Vieux-Saint-Jean, elle et ses musiciens (Brice Perda et Nicolas Cloche) ont touché les spectateurs droits au coeur. J’ai rarement vu des gens sortir d’une prestation de découverte avec autant de bonheur accroché au visage. L’art de la séduction massive.

Pour visionner dans son intégralité le spectacle de Chloé Lacan au Cabaret-Théâtre du Vieux-Saint-Jean, cliquez ici.


MONSIEUR RAPH

À Québec en février, à la Bourse Rideau, j’ai dû voir 25 vitrines en quatre soirs. Des officielles et d’autres à l’important Phoque Off. Au minuscule Fou Bar de rue Saint-Jean, Monsieur Raph (Raphaël Delaye), seul avec son didgeridoo, sa guitare, son tambour et ses pédales, m’a prouvé encore une fois qu’il est l’un des plus brillants artistes émergents du moment. Un artiste inspiré et inspirant, ses chansons sont un souffle d’espoir.


FRANCE BERNARD – LE CHOIX DES ARMES

L’album Le choix des armes / France Bernard chante Gilbert Langevin n’a pas eu l’attention qu’il méritait. La musicienne a mis en musique les mots du poète Gilbert Langevin (1938-1995) d’une remarquable façon. À la salle Claude Léveillée de la Place des arts en avril dernier, le comédien Pierre Lebeau est venu mettre la table pour une soirée haute en émotions en livrant l’émouvant poème La voix que j’ai (que Gerry Boulet et le groupe Offenbach avaient repris sous le titre Cette voix). À la suite de ce spectacle, je me suis procuré un recueil de poésie de Langevin. Splendide poésie.


RATON LOVER

Le jeune groupe de Québec sait faire du blues rock en français, et pas à peu près. Au Verre Bouteille à Montréal, la bande à Simon Lachance m’a encore ému aux larmes en interprétant la très jolie Divan des coeurs brisés, acoustique, à travers le public, après m’avoir doucement brassé la cage. Laissez vous séduire par le joli nom (Raton Lover), vous y retournerez pour la musique. Je me dois de mentionner la performance solo d’Anthony Roussel, en première partie, que je n’avais jamais vu aussi à fleur de peau. Son trop court tour de chant était parfait.

Je pourrais aussi écrire sur une multitude d’artistes de musique instrumentale qui m’ont fait vibrer durant les 11 derniers mois… L’Oumigmag, Jean-Michel Blais, Martin Lizotte, Rachel Therrien Quintet, The Liquor Store et SHPIK, mais pour cette fois je m’en tiendrai à la chanson.

Comme je l’ai dit à la fin de ma dernière chronique, allez la rejoindre notre chanson. Adoptez les lieux de diffusion qui se trouvent dans vos villes et villages. Entrez-y, surtout si vous ne connaissez pas le nom de l’artiste qui se trouve sur la marquise. La curiosité et l’ouverture d’esprit devant les arts donnent pas mal plus d’ailes qu’une certaine boisson énergisante… et risque pas mal moins de vous tuer.

par François Marchesseault