La vie la vie, de Siméon…

À écouter durant la lecture de cette chronique de la lenteur :

Ouverture – Thème de La Vie la vie

« Au fond, qu’est-ce qu’on cherche dans la vie? »

À treize ans, je me souviens d’avoir tranché, classé en deux temps trois mouvements l’interrogation de mon meilleur ami : « Tu veux des enfants quand tu seras grand ? ». Non. C’était clair. Il n’y avait pas d’option. Pour lui, c’était tout aussi limpide : « Trois, quatre, minimum ». Aujourd’hui, plus de 25 ans plus tard, il en a trois, aussi magnifiques que merveilleux. Moi, non. Ou du moins, pas jusqu’à ce qu’il y a un mois…

Adolescent, le voyage débute. Pour certain, la carte qui montre le chemin à suivre semble déjà définie. Pour moi, le flou de l’avenir a toujours ressemblé à ma myopie : à trente centimètres devant, il n’y a rien à faire, je n’y vois plus rien.

En entrevue d’embauche, la loufoque question «Où vous voyez-vous dans dix ans? », ne trouve qu’une seule réponse honnête et valable : « Ici, à réfléchir encore à votre question, M’dame ».

Il y a tant de portes à ouvrir.

Tant de trains à prendre.

Le mouvement se doit d’être perpétuel. Au risque de se tromper.

Car on peut rester accroché à un endroit (et au mauvais).

Tourner sur soi-même longtemps.

Parfois crispé dans une peine, une tempête d’émotions.

La mort d’un proche.

Notre mère.

Ou pire, notre propre enfant.

On peut tourner longtemps sur soi-même à se dire que le temps arrange les choses.

Mais le temps n’arrange rien s’il n’y a aucune action de posée.

Rien.

Et comme le chantait Bélanger : « Que peut-il se produire de pire, que rien? ».

Il y a parfois beaucoup de larmes à essuyer avant de trouver sa vérité.

Nos propres larmes.

Celles de ceux que l’on croisent et à qui l’on fait subir notre mensonge tout intime.

Cette voix qui chuchote derrière notre tête.

Celle qui sait instinctivement qui nous sommes, mais qui se tait derrière notre égo, nos peurs d’être tout simplement nous-même.

Il faut trop souvent se trouver au bord du gouffre pour oser prendre le large.

Suivre sa voie.

Son instinct.

Amener la petite voix jusqu’à notre bouche et la faire chanter haut et fort.

Les trains se sont succédés sur les rails.

Des portes se sont ouvertes pour parfois se refermer aussi rapidement derrière.

Ne jamais vivre dans un endroit où l’air manque.

Et à défaut de trouver celui ou celle qui vibre à la même fréquence que moi, la solitude s’est laissée apprivoiser avec une étonnante facilité.

Seul.

En harmonie complète avec l’idée de le rester.

Sans la pression d’un speed dating effréné, orchestré trop souvent par des gens eux-mêmes malheureux dans leur couple, prêt à te matcher avec leur ami qui n’a qu’un intérêt commun avec toi, soit celui d’être célibataire : « T’as toujours personne? Viens souper samedi que l’on te présente à notre ami dépressif qui en veut à la planète entière, tu vas voir, après trois verres, il devient vraiment drôle »

À écouter pour poursuivre la lecture :

Une femme – Pièce tirée de la trame sonore de la La Vie la vie

C’est à l’instant précis où je me suis mis à rayonner, à accepter le fait qu’être célibataire est un état de couple avec soi aussi valable que l’être avec la mauvaise personne, qu’une main s’est glissée dans la mienne.

Au fond de ce regard bleu, doux et sincère, j’ai su qu’une aventure, peut-être celle du reste de ma vie, allait débuter…

Aucun jeu de grande et de fausse séduction, de maquillage du corps et de l’âme pour se montrer sous un jour qui ne nous ressemble pas.

Quand l’amour se présente, ce n’est pas la tête qui l’accueille, mais le corps tout entier.

De ce « sweet spot » il ne nous restait qu’à décoller vers notre avenir.

Et moins de deux ans plus tard naissait de ce décollage réussi notre Siméon.

Siméon Marchesseault

Sim-Sim pour les intimes.

« Tu veux des enfants quand tu seras grand? »

Je répondrais encore par la négative.

Je ne veux pas d’enfant.

Je veux Siméon.

Je veux fonder une famille avec cette amoureuse aux valeurs collés sur les miennes.

Aux portes de la quarantaine je me sens prêt à guider un humain dans ce monde, du mieux que je le pourrai.

« Au fond, qu’est-ce qu’on cherche dans la vie ? »

La série télé La Vie la vie débutait et se terminait par cette question.

Dans les mots de l’auteur Stéphane Bourguignon, ce que l’on cherche est un toit au dessus de notre tête, un toit au-dessus de notre coeur… Quelqu’un qui nous prend tel que l’on est. Avec nos côtés sombres et nos côtés lumineux.

J’ajouterais qu’avant ce quelqu’un, il doit y avoir nous-même, puis…

Le calme.

La paix.

La douceur.

La simplicité…

Cette essentielle simplicité.

Et alors…

Notre Siméon.

Notre Amélie.

Notre vérité.

par François Marchesseault